Entrevue avec Danielle Clermont, bénévole

17Mai

Dans le cadre de la semaine de l’action bénévole, nous vous avons préparé une entrevue avec Danielle Clermont, bénévole pour Albatros Québec. L’entrevue a été réalisée avec la collaboration de Marie-Claude Dumont, membre de notre CA.

Lisez ce beau témoignage avec votre ❤️ et vous y verrez une richesse incroyable pour notre collectivité.

Voici sans plus tarder, Danielle:

 »Je suis une personne en recherche spirituelle, en quête de beauté et de vérité. »

MCD : Danielle, il y a plein de belles causes à supporter… Ce n’est pas un peu triste ou déprimant de côtoyer des gens en fin de vie?

DC : Oui j’avoue. Parfois c’est triste. La tristesse fait partie de l’accompagnement c’est vrai, mais elle fait aussi partie de la Vie. Je suis une personne extrêmement sensible et cette sensibilité je l’assume totalement et je l’aime! Je reconnais aussi ma vulnérabilité et c’est grâce à elle que je suis capable de me centrer sur l’Autre. On apprend dans la joie et dans la beauté mais aussi dans la tristesse et dans la souffrance et ce sont des émotions que j’ai décidé d’affronter.

MCD : Pourquoi as-tu choisis d’être bénévole pour des personnes en fin de vie?

DC : C’est la mission qui a le plus de sens à mes yeux. Curieusement, je suis une personne qui vivait énormément d’angoisse face à la mort. Être bénévole en soins palliatifs m’a aidé à l’apprivoiser un peu. Vous savez, la fin de vie est une épreuve très angoissante. C’est un combat très dur et ça demande beaucoup de courage pour la personne concernée et pour ses proches aussi. Ce que j’aime le plus c’est de m’oublier totalement et de plonger dans l’autre. C’est comme ça que je sais que je peux apporter un certain soulagement. On oublie vite nos petits problèmes!

MCD : As-tu eu des moments de doutes depuis que tu fais de l’accompagnement?

DC : Oui parfois. Mais j’ai toujours gardé confiance en mon apport. Ça, je n’en ai jamais douté. Il faut dire que la formation d’Albatros a été un excellent départ. On apprend à démystifier la mort, le deuil et nous sommes encadrées d’une façon extraordinaire. En plus, on partage nos questionnements, nos préoccupations et nos sentiments en groupe. Nous ne sommes pas seuls dans cette aventure. Nous sommes bien préparées!

MCD : As-tu une anecdote que tu n’oublieras jamais et qui t’as touchée droit au cœur?

DC : La première dame que j’ai accompagnée. Je me souviens qu’elle est décédée rapidement. Un jour, j’étais avec elle et elle avait de petits soubresauts. Je n’arrivais pas à savoir d’où cela venait ni pourquoi elle les avait. Les gens qui me connaissent savent que j’adore les chats et j’ai dit à la dame très spontanément : « Ah c’est cute les petits mouvements que vous faites! On dirait des mouvements de bébés chatons! » Je sais que cela peut vous paraître ridicule en lisant ceci mais je vous jure que ça ressemblait à ça. Et là, j’ai eu droit au sourire le plus radieux du monde. Si vous l’aviez vu! C’était tellement beau (émotions)! Je crois que c’est le moment où j’ai vécu le plus de bonheur dans ma vie d’accompagnatrice. Et vous savez quoi? Les soubresauts ont cessés immédiatement. La dame s’est détendue et elle a oublié son mal pour un moment.

MCD : J’imagine que ton expérience a contribué à t’enrichir sur le plan humain. Qu’est-ce que ça a le plus changé chez toi?

DC : Comme je disais, j’ai toujours été extrêmement angoissée face à la mort. Mon angoisse était tellement forte qu’il a fallu que ma foi se renforce – Je n’avais pas le choix! Faire face à la mort aide énormément à nous connecter sur qui on est. On passe à travers toute une gamme d’émotions vous savez et ça nous confronte! En étant connecté avec l’autre, on apprend sur nous-même, sur l’humilité, l’amour des autres, la spiritualité… Et c’est à ce moment-là qu’on réussit à aider véritablement les autres. Je sens une grande richesse intérieure qui se dégage de mon expérience et mon angoisse envers la mort a grandement diminuée.

MCD : En quoi résumerais-tu ta contribution dans ton implication?

DC : À travers la formation et mes expériences, j’ai appris à écouter encore plus et sans nullement intervenir, ce qui peut être difficile, car on est souvent tentés de proposer des solutions. Écouter l’autre, c’est aussi écouter les besoins non exprimés, essayer d’y répondre, comme par exemple de simplement garder le silence, accepter que l’autre ne veut pas s’ouvrir. Être écouté ainsi est un cadeau rare et précieux. Et ce cadeau je veux le donner.

Merci Danielle pour ce beau cadeau ❤️ ❤️

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