Entrevue sur l’écoute avec Carole Nault

17Jan

Savoir écouter est essentiel pour accompagner des personnes en fin de vie. C’est d’ailleurs un volet important qui fait partie du programme de formation d’Albatros Québec. Voici une entrevue dans laquelle Carole Nault, formatrice bénévole pour Albatros Québec nous parle de l’écoute. Carole fait aussi de l’accompagnement pour des personnes en fin de vie.

Bonne lecture! (ou plutôt… bonne écoute)

 » Écouter c’est permettre à la personne de s’entendre pour l’aider à cheminer.  »

MCD : Carole, qu’est-ce qu’ une bonne écoute?

CN : D’abord, j’ai une bonne nouvelle : Ça s’apprend. C’est quelque chose qu’on peut développer. Écouter c’est se mettre en parenthèses pour laisser toute la place à l’autre et suivre son rythme. Pour être intérieurement disponible, c’est important de ne pas se sentir plein d’émotions ou plein de ‘’soi-même’’.

MCD : Comment écouter une personne en fin de vie? Est-ce différent d’écouter sa meilleure amie en peine d’amour par exemple?

CN : Oui c’est différent, mais le fait de se mettre en parenthèse est toujours valable. Cela dit, les besoins sont différents pour les gens en fin de vie. Les personnes ont un grand besoin de faire un bilan de vie, de rattacher les fils ensemble. Elles font leur bilan familial, professionnel, personnel, etc. Elles ont souvent besoin de se confier par rapport à la mort. Elles peuvent avoir hâte ou peur de mourir. Vous savez, les personnes en fin de vie s’inquiètent souvent pour leurs proches et le fait de pouvoir se confier à une personne inconnue, c’est plus facile pour elles.

Les proches portent beaucoup d’émotions et sont déstabilisés à l’idée de la perte imminente. Moi, je ne suis pas déstabilisée par la mort. Cela ne veut pas dire que je suis insensible mais je ne suis pas envahie émotionnellement. Donc je suis plus capable d’en prendre comme on dit, de les accueillir dans ce qu’ils vivent. Je peux laisser toute la place à la personne et non à mes émotions. Il faut savoir aussi que quand la personne se rapproche de la mort, c’est souvent difficile pour elle de s’exprimer, l’énergie n’est plus là. Assurer une présence silencieuse est aussi une forme d’écoute et apprivoiser les silences. ça aussi ça s’apprend.

MCD : Dans les formations d’Albatros Québec, il y a du temps consacré à l’écoute. Comment vous abordez ce thème?

CN : Nous le traitons en deux volets. D’abord par le savoir-être qui se caractérise surtout par l’empathie et le respect. Et par le savoir-faire qui fait référence à des techniques d’écoute. Nous faisons aussi plusieurs mises en situation en petits groupes et nous partageons nos expériences et nos émotions en grand groupe, c’est interactif et dynamique!

MCD : Carole, quelles sont les plus grandes erreurs à faire quand on fait de l’écoute?

CN : Manquer de respect, parler de soi et faire sans cesse référence à son histoire personnelle. Donner des conseils est une mauvaise idée car ce n’est pas ce dont la personne a besoin. Elle a besoin de partager, de se confier, d’avoir auprès d’elle une présence apaisante et chaleureuse. Il faut aussi éviter à tout prix de minimiser ce que la personne vit. Enfin, un point sur lequel j’insiste en formation, c’est de ne pas poser des questions pour assouvir notre curiosité personnelle. Nous ne sommes pas des investigateurs! Savoir depuis combien de temps la personne est malade ou la questionner sur sa vie personnelle, peu importe, ça n’est pas à nous de l’interroger, mais l’écouter si elle choisit de nous en parler. En fait, écouter c’est permettre à la personne de s’entendre pour l’aider à cheminer.

Note: Cela a été un plaisir de t’écouter Carole! – Marie-Claude Dumont

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1 Commentaire(s)
  • Amélie Frenette
    24 mai 2017

    Un beau retour sur la formation reçue il y a quelques semaines.
    Merci pour cette entrevue !

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